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Anciennes conférences

Frédéric COLIN

Université de Strasbourg

Du « vieux libyque » aux portraits d’oasiens proto-amazighs dans le Sahara égyptien. Une question à la croisée de l’archéologie, de la linguistique, de l’iconologie et de la théorie des graphes.

16.10.2025

Les  premiers témoignages de langues libyco-berbères se détectent dans des  textes hiéroglyphiques et hiératiques depuis le xive siècle avant notre  ère (sous la XVIIIe dynastie), via des ethnonymes, des anthroponymes et  des titres de fonction. J’ai proposé voici trente ans de nommer « vieux  libyque » cet ensemble linguistique connu seulement par des indices  indirects, en référence à l’écriture et aux langues « libyques » mieux  connues à des périodes plus récentes de l’Antiquité. Les tentatives  d’identifier des traces du vieux libyque plus haut dans la chronologie  de l’Égypte ancienne n’ont pour l’instant pas fourni de résultat  réellement convaincant, non plus que les propositions comparatistes  d’interprétation sémantique de termes isolés – qui pour convaincre  demandent d’être déjà convaincu avant l’analyse de leur berbérité.

Depuis  une trentaine d’années, une série de découvertes archéologiques et  épigraphiques invite à situer dans le Sahara égyptien, du 7e au 5e  siècle avant notre ère, un missing link permettant  de relier les « Libyens » que les égyptologues identifient à partir du  Nouvel Empire aux Λίβυες des auteurs grecs de l’Antiquité classique.  Cette équation, couplée à la démographie linguistique actuelle et à  l’interprétation d’un passage d’Hérodote, justifie également de ranger  le vieux libyque dans la famille de langues tamazight (langues berbères) et de considérer les « Libyens » égyptologiques comme des proto-amazighs.


En collaboration avec l'unité d'égyptologie de l'Université de Genève

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